#14 L’écrin
Toi, tu pourrais vivre avec n’importe qui […]
Toi, tu pourrais vivre avec n’importe qui […]
Le long du temps, à marcher à photographier, elle avait bien dû le connaître. Ce temps incompressible nécessaire au surgissement. Le long du temps, eux, ils l’avaient perdu. Ils étaient attablés dans la véranda verrue, premier prix, châssis alu, qu’il avait fait rajouter à la villa. Pendant qu’elle photographiait, elle avait bien dû penser, s’être dit peut-être
Cécile a tout pour écrire, l’histoire, les prénoms, le secret. Il n’y a plus qu’à remplir. Elle peut partir de sa tristesse, mais on devrait plutôt parler de dévastation. Quels mots avait employés le coach au juste ? Quelles questions lui avait-il posées ?
De la gratte. On disait ainsi. L’aura que ça donnait. C’était au fond du jardin. Le jour long de l’été. Et après on allumait des bougies. Les ombres comme des flammes sur ton visage et tout autour tes boucles noires. L’envie d’y plonger les doigts, le mouvement des tiens sur les cordes et la torsion que cela impose au corps, certains accords
Le rêve à écrire n’est pas de l’écriture. Pourtant elle vient de le faire. Elle pose son stylo. Elle aurait préféré rêver de Jersey. Trouver son histoire tout écrite dans sa tête au réveil et elle n’aurait plus eu qu’à la transcrire, comme ce qu’elle venait d’accomplir pour le rêve. Mais non. Rien que ce rêve dérangeant
Voix et vidéo de l’écrivain, Laurent Peyronnet. Lire l’auteur, Laurent Peyronnet : MAGNUS, une histoire pour tuer le temps (format poche) https://www.amazon.fr/MAGNUS-histoire-temps-format-poche/dp/237821023XTandis que la tempête fait rage dans les montagnes de Norvège et que Magnus tente de rentrer chez lui, il est recueilli par un vieillard étrange et inquiétant. Cette rencontre sera le point de…
J’ai coupé le réveil avant qu’il sonne. Je ne voulais pas la réveiller. Du coup quand c’est comme ça, je ne dors pas de la nuit. Je guette l’instant juste avant la sonnerie. Je l’entends respirer fort. On ne peut pas dire qu’elle ronfle. Je lui dis, non, tu ronfles pas, tu respires fort.
Ce que cela change de la voir de l’extérieur ou de passer devant vite, en vélo, en voiture, en courant. Qui aurait pu le croire ? Pas elle, si elle ne l’avait éprouvé. Un choc, la première fois. Rentrant à la nuit tombée d’une balade sur la plage
-Ils n’ont pas peur.
-De quoi ?
-D’assumer leur passivité.
Elle est jeune, la trentaine florissante, cheveux raides et longs, son vélo tenu à deux mains est arrêté et elle en est descendue, sans doute pour lui parler. Elles se croisent chaque année aux vacances.