Le coin lecture
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Le coin lecture

Ce livre comme se balader avec le chien de quelqu’un d’autre, mais pas tout à fait. Ce n’est pas le pays où je promène mon chien, ce n’est pas la race de mon chien, il arrive chiot celui-là, mais celle qui raconte son apprentissage de « maîtresse de Ziggy » est écrivaine. Elle écrit, elle observe, elle transforme ses pas en écriture

#35 La fourmi
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#35 La fourmi

Tu as tout pour être heureuse. C’est ce qu’elle se répète. Que voudrait-elle de plus ? Qu’aurait-elle voulu ? Toujours autre chose que ce qu’elle avait. Ou plus. Elle voulait plus. La voix de sa mère. Ses mises en garde. Pour ce que ça avait changé. Ce qu’elle aurait voulu… D’abord, la maison d’à côté. À cause de son nom. La cigale plutôt que La Fourmi.

#34 La Cigale
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#34 La Cigale

Ouvrir la bouche et ce n’est pas celle du cri, c’est l’autre. Tu ouvriras comme on vérifie que les mâchoires ont gardé leur mobilité, que la peur n’a barbouillé que le ventre comprimé par la robe trop lourde, que la peur reste confinée et tapie avec le cri, qu’ils ne remontent pas. Tu feras une dernière fois le bruit de voiture depuis tes lèvres retroussées. Tu donneras une accolade au rideau ou une tape dans le mur s’il n’y a pas de rideau à proximité comme on reçoit des parents une poussée encourageante et confiante et tu laisseras la nuit derrière toi. Tu mettras ton corps en mouvement. Tu marcheras. Tu entreras en scène et tu chanteras.

Daniel Bourrion – Le pays dont tu as marché la terre aux éditions Héloïse d’Ormesson
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Daniel Bourrion – Le pays dont tu as marché la terre aux éditions Héloïse d’Ormesson

Une écriture de la mémoire et de la fidélité Dans Le pays dont tu as marché la terre, Daniel Bourrion écrit pour sauver de l’oubli un ami et une terre. Une prose sensible, pudique, d’une beauté rare, qui parle à la fois de la disparition et de ce qui demeure. Le livre se construit autour…